Red Onis, ou le troisième chapitre de la vie du pauvre coach Saerzin

« Pitié, messire, ce n’est qu’un malheureux revers de fortune… »

Les choses allaient de mal en pis pour le jeune coach autoproclamé Saerzin.

Voilà quelques mois qu’il avait été chassé de l’équipe des Lava Diggers qu’il avait initiée au BloodBowl parce qu’il avait simplement contesté le 5e astérisque du 4e amendement de son contrat de coach qui indiquait que tout salaire versé aux membres des Lava Diggers était réservé aux nains. Remettre en cause l’intégrité des nains n’avait pas été le meilleur moyen de se faire payer : ses grandes jambes l’avaient à peine permis de fuir les jets de haches et le grondement du roule-mort.

Noyant son chagrin dans une taverne miteuse ou il proclamait bourré que ces saloperies de spécistes de nains avaient perdu le meilleur coach de la nouvelle génération, il avait été approché par un page d’un quelconque baron : une équipe de nobles de l’empire était justement à la recherche d’un coach après la défection du dernier !

Il avait bien évidemment tenté sa chance, mais son manque d’expérience s’était clairement fait sentir au moment de devoir donner des ordres à des membres de la noblesse pour qui sa basse naissance était signe de stupidité congénitale. Les nains étaient obtus et spécistes, les nobles se sont avérés arrogants et refusaient de « salir le maillot », préférant les bals mondains aux entraînements…

C’est ainsi qu’il se retrouvait maintenant sur un âne, sous un chêne, à supplier pour sa vie tandis qu’un laquais lui passait une corde autour du cou.

« Je suis sûr que nous pourrons faire mieux la prochaine saison » tentais-t-il, tandis qu’il sentait le nœud se resserrer.

« Silence, manant ! » Beuglait le capitaine de l’équipe, sous l’approbation des autres membres des Rolex of the City. « Par votre coaching miséreux, nos nobles maisons sont la risée des hautes sphères ! De quel droit avez-vous osé nous faire finir derniers du classement… Seule la mort par pendaison peut racheter un tel affront ! Par conséquent, je vous condamne à… »

Les acclamations des membres de l’équipe furent soudain couvertes par des beuglements, tandis que des rondins de bois se mirent à pleuvoir sur eux.

« BÛCHES-DANS-L’-DOS ! BÛCHES-DANS-L’-DOS ! » hurlaient des orcs affublés des armures les plus étranges que Saerzin n’ai vu, en chargeant les humains armés de rondins de bois et d’armes exotiques.

Le massacre qui suivit fut brutal, violent, et plein de coups de rondins dans la gueule. Et le dos.

Porté à bout de bras par un orc dont le bas du visage était recouvert d’un masque effrayant, Saerzin faisait ce qu’il savait faire de mieux pour sauver sa vie : lécher les bottes.

« Mais quelle puissance ! Quelle allure ! Nobles guerriers, le monde devrait trembler devant une telle force ! »

L’un des orcs les mieux armés le regarda d’un air content. Bête, mais content. « Ça puissance du BÛCHES-DANS-L’-DOS ! Technique que Orcs apprendre récemment ! Avec Bûches-dans-l’dos, nous être meilleurs guerriers ! Code du guerrier pour gagner toutes batailles ! »

« Orcs apprendre ça de petits hommes qui poussaient des cris bizarres. Orcs combattre et petits hommes durs à tuer : eux découper pleins d’orcs ! Alors nous tuer tous petits hommes sauf un, puis voler armures. Petit homme donné secret de la force : le Bûche-dans-l’dos ! Être code à suivre pour devenir forts ! Maintenant, orcs les plus forts ! »

« Et le petit homme, vous en avez fait quoi ? » demanda Saerzin en cherchant en vain un compatriote amical.

« Nous le manger bien sûr ! Plus besoin une fois Bûche-dans-l’dos appris ! Et maintenant, nous te manger toi. »

« ATTENDEZ ATTENDEZ ! » cria frénétiquement Saerzin tandis qu’un gobelin en pyjama approchait avec un long couteau. « Je peux vous rendre riches et célèbres ! RICHES ET CELEBRES ! DITES A VOTRE GOBELIN D’ARRETER DE ME SCIER LA JAMBE ! »

C’est donc uniquement grâce à son don pour flatter n’importe qui que Saerzin se retrouva à coacher une bande d’orcs persuadés que la meilleure façon de gagner était de porter des armures effrayantes et de jeter des bûches sur les adversaires.

Les Red Onis étaient prêt à montrer leur art supérieur du Bûche-dans-l’dos, et mort à Saerzin si celui-ci ne les faisait pas gagner !

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